Textes

En parcourant l’archipel de villages qui ponctuent le territoire vallonné de champs et de forêts du Vexin, le panorama semble être fixé comme un archétype immuable du paysage rural. Pourtant, l’arrivée de nouveaux habitants, l’apparition de nouvelles pratiques agricoles, la rénovation des centres-bourg, la construction de zones d’activités et de lotissements, la multiplication des golfs, transforment ce paysage et redéfinissent ses liens avec les villes voisines et l’ex-Ville Nouvelle de Cergy-Pontoise.

Depuis la sphère domestique, la fenêtre définit un cadre sur ce territoire pour observer ces transformations et capter les perceptions et récits multiples de ses habitants. Par ce changement de centre de gravité, le projet aborde le territoire vécu dans sa réalité la plus ordinaire, sans chercher à offrir une vision de ce qu’il devrait être, pourrait être ou aurait été. Au sein de récits singuliers et subjectifs, les catégorisations et frontières entre les espaces urbains, suburbains et ruraux se croisent, s’annulent ou s’opposent. À partir d’un travail de collecte, le projet superpose les entretiens enregistrés et les plans fixes filmés depuis les intérieurs. Ces captations forment le projet Fenêtres, flux visuel et sonore en perpétuelle désynchronisation.